Année 132° - Avril 2020

Du côté de l’espoir

abbé Livio Tonello, directeur

Sur le chemin de la vie, il y a des accidents de parcours: maladies, deuils, souffrances, abandons... Il y a ceux qui se séparent, ceux qui perdent leur travail, ceux qui subissent des injustices: les limites personnelles et les relations humaines impliquent tout cela. Pour certaines personnes plus, pour d’autres moins. Face aux rêves brisés et aux attentes non réalisées, le risque de vouloir lâcher prise et de baisser les bras est toujours aux aguets. Il existe toutefois de nombreuses personnes qui arrivent à recommencer, à retrouver des motivations, à croire qu’il est possible de redémarrer.

Par ailleurs nous devons nous rappeler que nous n’avons qu’une vie, qu’une seule opportunité: celle que nous avons maintenant. C’est pour cette raison que nous devons avoir de fortes motivations, de grands idéaux et beaucoup de cran: malgré tout! L’expérience de Jésus n’a pas été très différente de celle qui pourrait nous arriver. Il reste seul à la fin d’un voyage intense pendant lequel il a accueilli, guéri, pardonné en faisant beaucoup de bien. Même pas la compagnie des siens: seulement sa mère et quelques femmes.

Une vie qui semble une faillite si nous ne considérons pas la résurrection. L’événement de Pâques a lieu pour donner plus de voix à la valeur de la vie qui ne meurt jamais. Même si les rêves les plus beaux et les meilleures intentions se brisent, la recherche de l’accomplissement de la vie demeure. Et cela n’est possible qu’en s’ouvrant à l’espoir, même dans les plus grandes déceptions. Il est possible de devenir un champion sportif même sans bras ou sans jambes, il est possible pour un tétraplégique d’enseigner à l’université, perdre sa famille ne signifie pas rester seuls et vaincus. Beaucoup de choses peuvent changer si on cultive l’espoir et si on recommence à lutter en considérant la vie comme un don pour soi et pour les autres. N’oublions pas que le potentiel humain est énorme et il peut l’être encore davantage avec le soutien de la foi.

Un chrétien trouve sa force dans l’action de l’Esprit, qui a permis à Jésus de revenir à la vie sans laisser que la violence de la mort ait le dernier mot. En présence de l’événement pascal, nous retrouvons la vitalité et les certitudes pour faire fleurir l’espoir. Chez le ressuscité, nous retrouvons le plaisir de la vie, la force pour recommencer après chaque chute, l’énergie pour surmonter la résignation et la faillite. Il est triste de voir des personnes qui n’arrivent pas à jouir de ce qu’elles ont. Elles ont tout et elles sont malheureuses.

Elles gâchent leur temps et leurs ressources pour poursuivre des rêves éphémères. Certaines se résignent car les années passent et elles n’arrivent à rien achever, ainsi se sentent-elles inutiles. Il y a des pathologies dures à combattre comme les dépendances, l’alcoolisme, la dépression, le cancer... Je les nomme car des amis de l’Association nous racontent ces drames avec beaucoup de pudeur. Ils auraient souhaité une vie meilleure mais la confiance soutient leur chemin. Une illusion? «La petite espérance avance entre ses deux grandes sœurs, la foi et la charité, et on ne l’aperçoit même pas.

Il semble que les deux grandes sœurs tiennent par la main cette petite sœur presque invisible mais avec son cœur d’enfant, elle voit ce que les autres ne voient pas» (Charles Péguy). Avec sa foi fraîche et innocente, elle entraîne la foi et l’amour dans le matin de Pâques. C’est elle, la petite qui permet tout le reste. Bonnes Fêtes des Pâques de résurrection!

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