Les fruits d’une bonne vie naissent de l’Évangile

Une des tâches principales de la communauté chrétienne est celle d’initier à la foi ses enfants régénérés par le baptême et membres de la communauté ecclésiale. Même si les sacrements sont les étapes principales du parcours de l’initiation chrétienne, ils ne s’acquittent pas de la tâche de continuer à éduquer les initiés à la bonne vie de l’Évangile.

Le mariage est un moment fondamental dans la vie de deux jeunes qui choisissent de fonder leur vie sur un projet à deux et ouvert à la génération des enfants. Si les deux jeunes sont chrétiens, la communauté doit se sentir engagée afin que l’Évangile soit présent dans le nouveau chemin de vie commencée avec le baptême. On se pose la question de comment accompagner les fiancés, non seulement à comprendre la signification du mariage dans le Seigneur, mais aussi à commencer une vie chrétienne dans le mariage.

Le Pape François a donné aux communautés chrétiennes des indications générales et il a demandé que chaque Église locale trouve la manière la meilleure pour les concrétiser. La première est la gradualité à savoir « une formation adéquate qui en même temps n’éloigne pas les jeunes du sacrement. » (AL 207) Il ne s’agit pas de ne pas être exigeants en la proposant mais de nourrir l’esprit des jeunes fiancés en sachant que, souvent, ils ont vécu un long « jeûne spirituel » et qu’il faut procéder par petits pas pour ne pas étendre cette petite flamme avec un grand vent. Nous tenons trop à leur rencontre avec le Seigneur pour risquer de rater cette occasion avec des propositions inadéquates à leur esprit encore fragile.

Dans l’Evangelii Gaudium, le Pape écrit : « Ceux qui accompagnent doivent savoir que de petits pas dans les grandes limites humaines peuvent plaire à Dieu plus que la vie apparemment correcte de ceux qui vivent sans faire face à de grandes difficultés. » (EG 44) La deuxième indication est celle de l’essentialité : « Il ne s’agit pas de leur enseigner tout le catéchisme ni de les saturer avec trop de questions. » (AL 207) Ce thème est cher au Pape : « Une Église missionnaire souvent appelée souvent à partager un premier enseignement, aussi à des personnes non baptisées, ne considère pas l’évangélisation comme une transmission de doctrines à imposer mais comme l’expérience du témoignage porté par l’homme nouveau. » (EG 35) La troisième question est l’utilité de la proposition par rapport à la quantité de ses contenus : « Ce n’est pas le savoir qui rassasie l’âme mais sentir et savourer intérieurement les choses. » (...)

En renouvelant l’annonce du Kérygme, il faut donner la priorité aux contenus transmis de manière attrayante et cordiale afin de les aider à s’engager dans un parcours de toute la vie. » Ceux qui accompagnent les fiancés ne devraient pas se soucier d’achever une sorte de programme scolaire mais de faire naître le désir de continuer à suivre le Seigneur. Il faut placer au centre l’expérience qu’un chrétien peut faire dans l’Église du Dieu Un et Trine ; l’expérience à laquelle Jésus de Nazareth a initié les douze et la totalité de l’Église naissante et que l’on peut faire grâce à l’action du Saint Esprit. « Ce qui resplendit est la beauté de l’amour salvifique de Dieu qui s’est manifesté en Jésus Christ mort et ressuscité. » (EG 36) La quatrième indication est le style de la proposition, attrayante et cordiale comme l’écrit le Pape.

Ce chemin exige des éducateurs appelés « à accompagner avec miséricorde et patience les possibles étapes de croissance des personnes que l’on construit jour après jour. » (EG 44) L’accompagnateur est celui qui sait enlever ses chaussures devant le terrain sacré de l’autre. Ceci signifie que nous devons nous approcher de l’autre avec un regard respectueux et plein de compassion, mais qui en même temps sache assainir, libérer et encourager à mûrir dans la vie chrétienne. » (EG 169) Le Pape rappelle aussi quelques qualités de l’accompagnateur : « La prudence, la capacité à comprendre, l’art d’attendre, la docilité de l’Esprit. » (EG 171) Ecouter est fondamental : « L’écoute peut éveiller le désir de l’idéal chrétien, de répondre pleinement à l’amour de Dieu et de faire pousser ce que Dieu a semé dans sa vie. » (EG 171)

La dernière indication est la fructuosité : « Il s’agit d’une sorte d’initiation au sacrement du mariage qui puisse leur fournir les éléments nécessaires pour pouvoir le recevoir avec les meilleures attitudes intérieures possibles et commencer avec une certaine solidité la vie familiale. » Il ne s’agit pas d’avoir de profondes connaissances théologiques mais d’être conscients que « de nombreux frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié avec Jésus Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de foi et de vie. » (EG 49). Le vrai drame n’est pas le caractère exhaustif des contenus mais la fragilité de la foi personnelle et ecclésiale. Il ne faut pas concentrer son attention sur les contenus mais sur la dimension vitale de la foi et de son enracinement dans la vie.

Le programme si cher au Pape d’ouvrir des parcours est valable aussi pour le mariage : il ne s’agit pas que tout soit complet dès le début mais d’avoir de bonnes garanties que le travail fait puisse donner de bons fruits dans la vie que les fiancés se préparent à vivre ensemble.

 

 

Fr. Giampaolo Dianin