Année 138 - Septembre-Octobre 2026En savoir plus
Non pas donner, mais restituer
abbé Livio Tonello, directeur

Combien de fois ressentons-nous un sentiment d’accomplissement parce que nous avons donné quelque chose à quelqu’un ! Nous nous séparons d’un objet, d’un peu de notre temps, ou peut-être d’un peu d’argent pour aider ceux qui sont dans le besoin. Ce geste a sans aucun doute de la valeur, il témoigne de la sensibilité et de la générosité. Mais qu’avons-nous réellement donné ? Dans la plupart des cas, il s’agit de quelque chose qui dépasse nos propres besoins, une part de notre surplus, ce qui n’est pas essentiel. Ne voyez pas là une observation moralisatrice visant à diminuer la valeur du partage. C’est simplement le constat que nous avons donné de notre « superflu ». Pourtant, nous pouvons approfondir cette réflexion : l’acte de donner est, en réalité, une forme de « restitution » : nous ne faisons que restituer ce que nous avons nous-mêmes d’abord reçu. Pensez au don du temps qui nous est accordé chaque jour, à notre santé, à notre bien-être, à la Providence... Tout est don, y compris nos talents innés et les compétences que nous avons acquises pour produire quelque chose d’utile. N’oublions pas que Dieu est la source de tout bien. Par conséquent, lorsque nous donnons aux autres, nous ne faisons que restituer ce qui Lui appartient. De plus, beaucoup de choses dont nous profitons ou que nous savourons chaque jour, même une simple tasse de café, n’ont pas toujours donné lieu à une juste compensation pour les personnes qui les ont produites. Le mois d’octobre marque la Journée nationale du don, qui coïncide avec la fête de saint François d’Assise (4 octobre), un homme sans égal en matière d’altruisme. Dans une société fracturée par de vastes disparités sociales, nous devons encourager une culture de la gratuité et du partage. En tant qu’Association, nous ne le savons que trop bien. Nous croisons les visages de tant d’hommes et de femmes dans le besoin lors de notre distribution quotidienne de pain et à travers les repas servis aux Cucine Economiche Popolari (la Soupe Populaire) de Padoue. Une culture du don ne consiste pas simplement à faire la charité ou faire l’aumône. Cela signifie considérer les biens terrestres non pas comme « miens », mais comme « nôtres », comme un bien commun qui, seulement lorsqu’il est partagé, peut faire naître un sourire, restaurer la dignité et nourrir une véritable fraternité.

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